Aujourd'hui, premier après-midi de liberté. Je suis allée au marché, comme de raison. J'aurais voulu y aller en matinée pendant que les autres allaient au musée BMW, mais il faisait un temps de fin du monde, la pluie fouettait les vitres de ma chambre quand je me suis réveillée. Mettre le nez dehors tenait du suicide. J'ai donc suivi notre petite meute au musée, et bien m'en prit. Le lieu est magnifique, épuré, intelligent, innovateur... Je me fiche pas mal des voitures en général, mais BMW réussit à intéresser le public le plus indifférent.
Après, dîner dans un gril très chic où j'ai mangé... une salade. De légumes grillés, mais quand même, il fallait être dans un gril pour ça! Je suppose que j'ai ma dose de vitamines pour le reste du week-end.
Ensuite, donc, on nous a libérées pour l'après-midi, et je suis allée musarder au marché, très chouette, au coeur de la vieille ville – ou de ce qu'il en reste, puisqu'elle a été détruite à 65% pendant la guerre.
Les étals de schwein (porc) sous toutes ses formes pullulent, évidemment, mais aussi les fruits, les légumes, les fromages... J'en déduis que les Allemands ne mangent pas que de la choucroute, ça me rassure.
J'en ai aussi profité pour faire l'acquisition d'une ravissante paire de chaussures italiennes au look montagnard, en prévision de la randonnée de à Garmisch Partenkirschen (admirez mon accent), là où ont eu lieu les derniers championnats de ski alpin, si je ne m'abuse. Je serai d'un chic tout munichois.
Non, je ne vais pas essayer le tremplin, merci beaucoup.
Ah, et là-bas, pas de wi-fi, alors ne vous inquiétez pas si je ne donne pas de nouvelles. Je n'essaierai pas le tremplin, vous dis-je!
Alors comme nous nous lèverons aux aurores demain matin et que ma valise n'est pas bouclée, je vous laisse là-dessus, non sans tenter de vous mettre quelques photos. J'aurais aimé le faire avant, mais mon fil USB n'a accepté de fonctionner qu'aujourd'hui.
Auf wiedersehn!
samedi 8 octobre 2011
vendredi 7 octobre 2011
Efficacité germanique
Aujourd'hui, visite de la ravissante ville de Füssen, où nous sommes arrivées avec une petite demi-heure de retard sur l'horaire prévu. Notre guide, Gudrun (ça ne s'invente pas), nous a regardées sévèrement par-dessus ses lunettes et, après nous avoir demandé d'un œil suspicieux la raison de notre retard, nous a menées au pas de charge à travers les rues de la cité médiévale.
Gentiment et avec le sourire, oui, mais il n'y avait pas une minute à perdre:
ici, le cloître, roman, le cloître. Là, le château, plus loin, la rivière, là-bas, les Alpes. Voyez les ornements en trompe-l'œil, les fenêtres en encorbellement, la chapelle rococo.
Bon, c'est pas tout ça, hop, hop, faut être au château de Neuschwanstein à 15h15 pile, et d'abord manger.
Ça s'est passé si vite, je crois que toutes mes photos seront floues (même pas eu le temps de les regarder). Dommage, c'est justement un endroit où on aimerait flâner. Joli, joli, le décor des contes de Grimm.
Il faut dire, il faisait un temps de chien, froid et pluvieux, mais tout de même.
Au resto, j'ai pris des kässpätzle, probablement ancêtres de tous les macaronis au fromage de la planète (en meilleur, quand même).
Légume du jour: oignons poêlés. On ne s'étouffe pas avec les petits pois, dans ce pays. Ni avec les asperges, le brocoli ou tout autre végétal susceptible de contenir un peu de chlorophylle.
Pourtant, à en juger par la forme de Gudrun, née pendant la guerre et qui caracolait devant nous en piaffant comme une pouliche dans la montée jusqu'au château de Neuschwanstein, ça n'a pas l'air de leur manquer.
Donc, on a mangé en quatrième vitesse, expédié les politesses avec le patron de Gudrun, venu gentiment nous accueillir et nous parler de la région (elle a trouvé qu'il faisait trop long!), et on a filé au château de Neuschwanstein, construit au pied des Alpes par Louis II de Bavière.
Le pauvre, il avait sûrement un grain.
Construire un pareil ramassis de clichés médiévaux, en plein XIXe siècle... Il se prenait pour Lohengrin, ou pour Perceval, et voulait recréer la grandeur des rois et des chevaliers du Moyen-Âge. Bon, je résume grossièrement, hein, il est tard.
On ne sait trop s'il a vécu seul parce qu'il était fou, ou s'il était fou parce qu'il vivait seul, mais toujours est-il qu'il s'est retrouvé roi à 18 ans, pas du tout préparé pour cela, qu'il a été brièvement fiancé à la sœur de Sissi, qui était non seulement bel et bien bavaroise (contrairement à ce que j'ai écrit l'autre jour, abusée par le fait qu'elle a régné sur l'Autriche et la Hongrie), mais aussi, tenez-vous bien, sa cousine.
Bref, le pauvre Louis a rompu les fiançailles (on dit qu'il était gai) et s'est replié dans ce sinistre château qui a dû coûter une fortune au bon peuple de Bavière, et qui n'a jamais été terminé. On a fini une aile ou deux pour faire joli, mais elles sont vides de chez vide.
Quant à Louis, il a été trouvé mort dans le lac de la propriété où on l'avait enfermé la veille pour aliénation mentale. Son psychiatre était mort aussi, noyé. Le mystère règne toujours sur ce qui s'est vraiment passé.
Le château est plus beau de loin que de proche, et là aussi la visite se fait au pas de charge, qui plus est au milieu d'armées de Japonais bien désemparés (pas le droit de prendre de photos).
Drôle de truc.
Nous sommes revenues à Munich sous la pluie, tout le monde dormait dans le minibus, épuisées par le cardio extrême que nous avait imposé Gudrun.
Pour souper: assortiment de saucisses servies dans un bol d'eau bouillante, accompagnées d'un bretzel. Ça non plus, ça ne s'invente pas. Ah, et il y avait de la moutarde.
Gastronomie teutonne, quoi.
Gentiment et avec le sourire, oui, mais il n'y avait pas une minute à perdre:
ici, le cloître, roman, le cloître. Là, le château, plus loin, la rivière, là-bas, les Alpes. Voyez les ornements en trompe-l'œil, les fenêtres en encorbellement, la chapelle rococo.
Bon, c'est pas tout ça, hop, hop, faut être au château de Neuschwanstein à 15h15 pile, et d'abord manger.
Ça s'est passé si vite, je crois que toutes mes photos seront floues (même pas eu le temps de les regarder). Dommage, c'est justement un endroit où on aimerait flâner. Joli, joli, le décor des contes de Grimm.
Il faut dire, il faisait un temps de chien, froid et pluvieux, mais tout de même.
Au resto, j'ai pris des kässpätzle, probablement ancêtres de tous les macaronis au fromage de la planète (en meilleur, quand même).
Légume du jour: oignons poêlés. On ne s'étouffe pas avec les petits pois, dans ce pays. Ni avec les asperges, le brocoli ou tout autre végétal susceptible de contenir un peu de chlorophylle.
Pourtant, à en juger par la forme de Gudrun, née pendant la guerre et qui caracolait devant nous en piaffant comme une pouliche dans la montée jusqu'au château de Neuschwanstein, ça n'a pas l'air de leur manquer.
Donc, on a mangé en quatrième vitesse, expédié les politesses avec le patron de Gudrun, venu gentiment nous accueillir et nous parler de la région (elle a trouvé qu'il faisait trop long!), et on a filé au château de Neuschwanstein, construit au pied des Alpes par Louis II de Bavière.
Le pauvre, il avait sûrement un grain.
Construire un pareil ramassis de clichés médiévaux, en plein XIXe siècle... Il se prenait pour Lohengrin, ou pour Perceval, et voulait recréer la grandeur des rois et des chevaliers du Moyen-Âge. Bon, je résume grossièrement, hein, il est tard.
On ne sait trop s'il a vécu seul parce qu'il était fou, ou s'il était fou parce qu'il vivait seul, mais toujours est-il qu'il s'est retrouvé roi à 18 ans, pas du tout préparé pour cela, qu'il a été brièvement fiancé à la sœur de Sissi, qui était non seulement bel et bien bavaroise (contrairement à ce que j'ai écrit l'autre jour, abusée par le fait qu'elle a régné sur l'Autriche et la Hongrie), mais aussi, tenez-vous bien, sa cousine.
Bref, le pauvre Louis a rompu les fiançailles (on dit qu'il était gai) et s'est replié dans ce sinistre château qui a dû coûter une fortune au bon peuple de Bavière, et qui n'a jamais été terminé. On a fini une aile ou deux pour faire joli, mais elles sont vides de chez vide.
Quant à Louis, il a été trouvé mort dans le lac de la propriété où on l'avait enfermé la veille pour aliénation mentale. Son psychiatre était mort aussi, noyé. Le mystère règne toujours sur ce qui s'est vraiment passé.
Le château est plus beau de loin que de proche, et là aussi la visite se fait au pas de charge, qui plus est au milieu d'armées de Japonais bien désemparés (pas le droit de prendre de photos).
Drôle de truc.
Nous sommes revenues à Munich sous la pluie, tout le monde dormait dans le minibus, épuisées par le cardio extrême que nous avait imposé Gudrun.
Pour souper: assortiment de saucisses servies dans un bol d'eau bouillante, accompagnées d'un bretzel. Ça non plus, ça ne s'invente pas. Ah, et il y avait de la moutarde.
Gastronomie teutonne, quoi.
mardi 4 octobre 2011
C'est reparti!
Voilà, je repars, cette fois à titre de vraie de vraie journaliste, affectée pour trois mois au cahier Vacances/Voyage de votre quotidien préféré.
(YAYY!!!)
Je passerai d'abord une semaine en Bavière. J'ai écrit hier que j'y serais en plein Oktoberfest. Erreur. Comme son nom l'indique, la fête a lieu en septembre (et la fameuse exactitude germanique, alors?) et se termine le premier week-end d'octobre. Tant mieux, je sens que j'en aurais bavé (d'où le nom de Bavière, sans doute). C'est un voyage dit «de presse», nous serons donc quatre journalistes gâtées-pourries à nous faire promener par monts et châteaux. Thèmes du circuit: Route romantique et Route des Alpes. M'en vais me prendre pour Sissi dans des châteaux de contes de fées (je sais, elle était autrichienne, et alors?), manger de la choucroute et admirer les vaches à clochette dans les montagnes.
Après, train de nuit Munich-Paris, puis direction Nîmes, Arles, Marseille, avec arrêt dans une manade (l'équivalent camarguais d'un ranch, si vous voulez), où j'apprendrai à soigner un cheval, à le seller et à le monter convenablement.
À moi la bouillabaisse, les marais salants et les arènes romaines! Je me demande si je pourrai visiter Tarascon, ville du valeureux Tartarin. J'aurais aimé aller à Aubagne, en hommage à Pagnol. Mais on ne peut pas tout faire...
La logistique «valise», en l'occurrence, s'avère particulièrement délicate. Songez un peu: restaurants chics et temps de chien en Bavière (on prévoit 9° et de la pluie pour la majeure partie de la semaine), puis chaleur, promenades urbaines et équitation dans le Midi (il fait 29° à Arles). La quadrature du cercle, à côté de ça, me paraît bien banale.
Enfin. L'éventuel contenu de mon bagage est empilé là, à côté de la valise béante (noire) dans laquelle, évidemment, un chat (blanc) n'a pas manqué de se coucher, façon poule couveuse.
J'ai inventorié quinze fois ma garde-robe et mes tiroirs aujourd'hui, rien ne va. Ça va encore finir par un jean ou deux, des tas de trucs superflus, trop de chaussures et pas assez de place pour rapporter tout ce que je verrai de beau là-bas. Je vais pourtant finir par me dompter?
Eh. On ne sait jamais.
Je vous mettrai des photos (pas de ma valise, voyons!). Là, Tatie se couche, elle est morte.
(YAYY!!!)
Je passerai d'abord une semaine en Bavière. J'ai écrit hier que j'y serais en plein Oktoberfest. Erreur. Comme son nom l'indique, la fête a lieu en septembre (et la fameuse exactitude germanique, alors?) et se termine le premier week-end d'octobre. Tant mieux, je sens que j'en aurais bavé (d'où le nom de Bavière, sans doute). C'est un voyage dit «de presse», nous serons donc quatre journalistes gâtées-pourries à nous faire promener par monts et châteaux. Thèmes du circuit: Route romantique et Route des Alpes. M'en vais me prendre pour Sissi dans des châteaux de contes de fées (je sais, elle était autrichienne, et alors?), manger de la choucroute et admirer les vaches à clochette dans les montagnes.
Après, train de nuit Munich-Paris, puis direction Nîmes, Arles, Marseille, avec arrêt dans une manade (l'équivalent camarguais d'un ranch, si vous voulez), où j'apprendrai à soigner un cheval, à le seller et à le monter convenablement.
À moi la bouillabaisse, les marais salants et les arènes romaines! Je me demande si je pourrai visiter Tarascon, ville du valeureux Tartarin. J'aurais aimé aller à Aubagne, en hommage à Pagnol. Mais on ne peut pas tout faire...
La logistique «valise», en l'occurrence, s'avère particulièrement délicate. Songez un peu: restaurants chics et temps de chien en Bavière (on prévoit 9° et de la pluie pour la majeure partie de la semaine), puis chaleur, promenades urbaines et équitation dans le Midi (il fait 29° à Arles). La quadrature du cercle, à côté de ça, me paraît bien banale.
Enfin. L'éventuel contenu de mon bagage est empilé là, à côté de la valise béante (noire) dans laquelle, évidemment, un chat (blanc) n'a pas manqué de se coucher, façon poule couveuse.
J'ai inventorié quinze fois ma garde-robe et mes tiroirs aujourd'hui, rien ne va. Ça va encore finir par un jean ou deux, des tas de trucs superflus, trop de chaussures et pas assez de place pour rapporter tout ce que je verrai de beau là-bas. Je vais pourtant finir par me dompter?
Eh. On ne sait jamais.
Je vous mettrai des photos (pas de ma valise, voyons!). Là, Tatie se couche, elle est morte.
lundi 25 avril 2011
Faux départ
Hier, jour de Pâques, branle-bas de combat sur les routes et au terminus d'autobus: tout le monde rentre chez soi en cette fin de vacances. Résultat: pas moyen de trouver des places pour Tunja. Nous avons donc dû rester une nuit de plus à San Gil, et nous devrons nous passer de Villa de Leyva parce que la route est bloquée par un éboulis. Zut!
En tout cas, nous avons mangé hier soir des testicules de taureau (mais s'il n'a plus ses testicules, ce n'est plus un taureau, non?) et bien rigolé avec notre jeune serveuse lorsqu'elle nous a dit, hilare, ce qu'étaient les criadillas que nous avions commandées sans savoir.
Nous partons tout à l'heure pour Tunja, donc, un voyage de quatre heures par monts et par vaux. Je ne m'habitue pas à la facon de conduire des Colombiens – heureusement que je ne suis pas nerveuse.
En tout cas, nous avons mangé hier soir des testicules de taureau (mais s'il n'a plus ses testicules, ce n'est plus un taureau, non?) et bien rigolé avec notre jeune serveuse lorsqu'elle nous a dit, hilare, ce qu'étaient les criadillas que nous avions commandées sans savoir.
Nous partons tout à l'heure pour Tunja, donc, un voyage de quatre heures par monts et par vaux. Je ne m'habitue pas à la facon de conduire des Colombiens – heureusement que je ne suis pas nerveuse.
samedi 23 avril 2011
San Gil et Barichara
| Le marché de San Gil |
Arrivés à Bucaramanga, autre surprise: le terminus était fermé pour cause de jeudi saint. Donc, pas de bus pour San Gil! Mais ce n'est pas un petit contretemps de rien du tout qui allait nous arrêter. Nous avons pris un taxi vers le centre-ville en nous disant qu'il y aurait sans doute des taxis collectifs quelque part. Comme de juste, nous avons pu nous entasser à 20 dans un minibus, qui a parcouru une route sinueuse à souhait dans un fantastique paysage de montagnes coiffées de nuages, parsemées d'haciendas au toit de tuiles rouges.
Il y a en ce moment à San Gil un festival de musique. Tout à l'heure, nous sommes entrés par hasard dans le centre d'histoire de la ville (une magnifique hacienda toute fraîche aux épais murs chaulés où l'on verrait bien Zorro faire la cour à sa douce). Un petit orchestre y était en répétition en prévision du concert de ce soir. Nous avons appris que c'est l'un des meilleurs groupes de musique colombienne au pays. Nous avons donc eu droit à un petit concert privé, c'était charmant.
Nous arrivions tout juste de Barichara, à quelques kilomètres de San Gil, un adorable village colonial dont voici quelques images.
| Clocher à Barichara. |
Ouvrier au travail dans le cimetière de Barichara.
|
Voilà. Demain, départ pour Tunja et Villa de Leyva, deux villes coloniales juchées dans les montagnes.
mercredi 20 avril 2011
De retour de nulle part
Nous voici à Valledupar, capitale de la musique vallenata, où nous allons malheureusement manquer le festival que l'on y consacre, qui commence le 26. Dommage, je suis certaine que ca aurait été sympa, cette musique va me rester dans les oreilles pour toujours.
Nous avons donc passé deux jours dans la péninsule de La Guajira, qui sera un jour à la Colombie ce que la Gaspésie est au Québec. En attendant, on y arrive au bout de deux heures par une route défoncée, dans un taxi collectif ou une camioneta surchargée qu'on prend à Uribia, un bourg frontalier avec le Venezuela. Jamais vu un lieu plus chaotique, plus déglingué que cet endroit. Il faut dire que nous avons débarqué en plein marché - les chevreaux attachés par les pattes entassés près du camion qui les emmènera à l'abattoir, les appels des marchands de rue, les klaxons des taxis, la poussière, les vélos, les camionetas invraisemblablement bourrées de gens et de bagages qui s'ébranlent aux deux minutes à destination de La Guajira...
Un peu étourdis, nous n'avions pas eu le temps de nous reconnaître que déjà quelqu'un nous prenait nos valises, les jetait à l'arrière d'un 4x4 et nous poussait à l'intérieur, où se trouvaient déjà quatre très beaux et très sympathiques jeunes Bogotanos en vacances. Et vogue la galère! La route est affreuse, en terre jaune, parfois coupée d'une vaste flaque de boue que Maiker, notre chauffeur, traversait en sifflotant. De temps en temps, un chevreau quittait le milieu du chemin en courant pour aller retrouver sa mère. S'il échappe à cette mort par collision, il n'échappera pas à la casserole: le chiche (chevreau mijoté lentement dans sa propre graisse, avec les abats) est un plat très prisé (et délicieux).
Maiker nous a déposés devant une posada tenue par une forte femme qui mène son affaire tambour battant. Nous avons dormi dans des hamacs (c'est que nous commençons à y prendre goût!), pas fait grand-chose hormis boire de la bière, placoter avec nos jeunes amis de Bogotà, aller à la plage, manger et dormir.
J'ai bien failli commettre un crime ce matin quand, à 5h, nos voisines de hamac (une mère de 30 ans qui se prenait pour Shakira et sa mongole de fille de 13 ans qui se prenait pour sa mère, les deux adulées par les parents de Shakira) se sont mises à jacasser comme si elles étaient seules au monde, alors que nous étions bien une dizaine de personnes à dormir sous cet abri fait de lattes de cactus. (Il ne faut pas être trop jaloux de son intimité, disons.) Elles se sont levées en papotant, ont papoté en faisant leur bagage, se sont toilettées en papotant, et ont continué de papoter malgré quelques requêtes polies de ma part. En fin de compte, elles m'étaient pas pressées du tout puisqu'elles ont déjeuné en même temps que nous. Avant de partir, j'ai eu envie de desserrer discrètement les noeuds qui retenaient leurs hamacs pour qu'elles tombemt sur leurs petits culs de pétasses en se couchant ce soir, mais je me suis retenue.
Je le regrette encore.
Bref, nous sommes à Valledupar, une ville qui nous semble étonnamment disciplinée après les derniers jours. Demain, en route pour Barichara, ville coloniale dont on dit beaucoup de bien.
Je vous reparle de La Guajira plus tard, mon homme s'impatiente, et puis c'est l'heure de la sainte Bière.
Hasta Luego!
Nous avons donc passé deux jours dans la péninsule de La Guajira, qui sera un jour à la Colombie ce que la Gaspésie est au Québec. En attendant, on y arrive au bout de deux heures par une route défoncée, dans un taxi collectif ou une camioneta surchargée qu'on prend à Uribia, un bourg frontalier avec le Venezuela. Jamais vu un lieu plus chaotique, plus déglingué que cet endroit. Il faut dire que nous avons débarqué en plein marché - les chevreaux attachés par les pattes entassés près du camion qui les emmènera à l'abattoir, les appels des marchands de rue, les klaxons des taxis, la poussière, les vélos, les camionetas invraisemblablement bourrées de gens et de bagages qui s'ébranlent aux deux minutes à destination de La Guajira...
Un peu étourdis, nous n'avions pas eu le temps de nous reconnaître que déjà quelqu'un nous prenait nos valises, les jetait à l'arrière d'un 4x4 et nous poussait à l'intérieur, où se trouvaient déjà quatre très beaux et très sympathiques jeunes Bogotanos en vacances. Et vogue la galère! La route est affreuse, en terre jaune, parfois coupée d'une vaste flaque de boue que Maiker, notre chauffeur, traversait en sifflotant. De temps en temps, un chevreau quittait le milieu du chemin en courant pour aller retrouver sa mère. S'il échappe à cette mort par collision, il n'échappera pas à la casserole: le chiche (chevreau mijoté lentement dans sa propre graisse, avec les abats) est un plat très prisé (et délicieux).
Maiker nous a déposés devant une posada tenue par une forte femme qui mène son affaire tambour battant. Nous avons dormi dans des hamacs (c'est que nous commençons à y prendre goût!), pas fait grand-chose hormis boire de la bière, placoter avec nos jeunes amis de Bogotà, aller à la plage, manger et dormir.
J'ai bien failli commettre un crime ce matin quand, à 5h, nos voisines de hamac (une mère de 30 ans qui se prenait pour Shakira et sa mongole de fille de 13 ans qui se prenait pour sa mère, les deux adulées par les parents de Shakira) se sont mises à jacasser comme si elles étaient seules au monde, alors que nous étions bien une dizaine de personnes à dormir sous cet abri fait de lattes de cactus. (Il ne faut pas être trop jaloux de son intimité, disons.) Elles se sont levées en papotant, ont papoté en faisant leur bagage, se sont toilettées en papotant, et ont continué de papoter malgré quelques requêtes polies de ma part. En fin de compte, elles m'étaient pas pressées du tout puisqu'elles ont déjeuné en même temps que nous. Avant de partir, j'ai eu envie de desserrer discrètement les noeuds qui retenaient leurs hamacs pour qu'elles tombemt sur leurs petits culs de pétasses en se couchant ce soir, mais je me suis retenue.
Je le regrette encore.
Bref, nous sommes à Valledupar, une ville qui nous semble étonnamment disciplinée après les derniers jours. Demain, en route pour Barichara, ville coloniale dont on dit beaucoup de bien.
Je vous reparle de La Guajira plus tard, mon homme s'impatiente, et puis c'est l'heure de la sainte Bière.
Hasta Luego!
samedi 16 avril 2011
Santa Marta
![]() |
| Pas de vacances pour les fourmis! |
À Santa Marta, nous avons trouvé un petit hostal sympa tenu par un Irlandais architecte (ou vice versa) et décoré à l'avenant. Murs blancs, portes de bois teint noir, tout très simple, très élégant, de loin ce que nous avons eu de plus luxueux depuis le début de ce voyage, pour la somme exorbitante de 60 000 pesos la nuit (30$).
Il y a un autre hostal absolument ravissant tenu par un couple de jeunes Français, dont la jolie patronne nous a indiqué un resto où déguster du poisson. Dare dare, nous nous y sommes rendus. C'est une petite gargote de quartier, grande comme la main, qui ne paie pas de mine, mais nous y avons bien mangé, Pierre une cazuela de mariscos (soupe de fruits de mer), moi un filet au gril, avec une bouteille de vin chilien. Nous étions attablés avec un Irlandais très rigolo. Une belle soirée.
De retour à l'hôtel, je me suis mise à me sentir, oOoOoohhhh... pas très bien.
Au milieu de la nuit, j'ai fini par rendre tout mon souper, service compris. Pierre a aussi été malade, nous avons passé la journée à dormir.
J'accuse les empanadas.
PLUS JAMAIS!
Le lendemain, nous nous sentions déjà beaucoup mieux, nous avons donc pris le chemin du parc de Tayrona, dont on dit le plus grand bien. Il faut pour s'y rendre faire une bonne heure de bus, puis prendre un colectivo, puis marcher une heure et demie avant d'arriver à une posada où l'on vous loue pour la nuit un hamac tendu sous un abri de palme grillagé.
![]() |
| Le bus pour se rendre à Tayrona |
Là, la mer est si agitée qu'il est interdit de se baigner. Il faut marcher une vingtaine de minutes jusqu'à une anse plus propice à la baignade. Mais de microscopiques moustiques attendent le gringo et sa peau tendre. Il fallait voir ces peaux constellées de boursouflures! Bref, nous ne sous sommes pas vraiment attardés. Nous sommes rentrés à la posada, où l'extinction des feux est prévue pour 20h. Extinction des feux à 20h il y eut. Nous avons passé la soirée à nous balancer doucement dans nos hamacs en placotant en attendant le sommeil. Il a plu à boire debout la nuit durant, de temps en temps un bourricot poussait un braiement qui semblait d'ennui... Contre toute attente, nous avons très bien dormi!
![]() |
| Nos hamacs |
Demain, en route pour La Guajira, le point le plus au nord de l'Amérique du Sud. Y vivent les Wayus, aborigènes assez indépendants et fiers qui ne sont pas, dit-on, toujours commodes. Nous verrons bien.
Hasta luego!
![]() |
| Vu de la salle à manger, à la posada Paraiso. |
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